31 mars 2008
More is more...
Après un court (trop!) séjour aux Antilles, plus exactement en Rép' Dom' comme disent les branchouilles, c'est avec une extrème aversion que j'ai remis les pieds sur ma terre natale(même pô vrai, mais bon...). Une fois arrivée sur le tarmac et avoir déhambulé dans les rues de Paris en attendant mon train par 4°C, je fûs submergée par les émotions, sans doute une curieuse affection dû au probable retour dans le froid et la pluie, ou bien un immense choc thermique lié à la modique variable (26°C en différentiel, c'est pas grand-chose?) de température des lieux qui m'ont accueilli à mon retour...
En gros, je ne voulais pas être là.
Certes, j'étais contente de retrouver mes petits bouts de cul, de leur bisouiller le cou, là, juste sous l'oreille, là ou c'est le plus doux et le plus chaud, et où je me niche souvent quand je veux les sentir, dans tous les sens du terme. Mais j'aurais surtout, si on faisait fi des contraintes professionnelles et des multiples crédits qui nous tiennent en pur matérialiste, voulu rapatrier tout le monde sur place!
Allez, Go, on bazarde tout, on vend tout ce qu'on a et on se casse au soleil!!! Heu, bon, ça, d'accord, c'est être un tantinet idéaliste et rêveuse, je l'accorde, hein? Quand on se sert un peu de ses neurones, on prend conscience qu'entre vacances et réalité, il y a une marge, mais je suis comme ça, môa, j'adore les coups de sang, les rêves éphémères d'une heure, d'un jour, et plus encore que leur réalisation, c'est la dose fantasmagorique que je place dessus qui m'importe.
Mais quand même...
J'ai passé en revue notre bonne vieille société, culte du less is more, avec épuration totale à tout niveau... Ou chaque gramme pris chez une femme engendre un véritable drame, ou les récoltes professionnelles s'amenuisent comme peau de chagrin, ou les perspectives d'avenir, si elles ne sont pas plus roses là bas sont tout de même plus ensoleillées, et çà, croyez moi, ça compte...
J'ai vu des gens danser en arrivant au travail, danser pendant le travail, du barman au cuistot, en passant par les vigiles, les vieilles femmes, les bouts de choux tenant à peine sur leur deux pattes.
J'ai vu des gens s'asseoir à l'ombre quand la chaleur devient trop tenace, discuter, rire, se partager l'eau en riant au éclat, s'envoyer des mots d'amour et se faire la cour...
J'ai vu des femmes, très rondes, très fines, très grandes, très petites se déhancher en vêtements légers sur un air de Merengué ou de salsa ou tout autre musique, seule la note compte. Je les ai vu se parer de paillettes sur leurs sacs, leur ceinture, leurs paupières, leurs chaussures, leurs lèvres...
Je les ai vu aussi se regrouper pour s'amuser, danser, faire la fête dans des lieux pleins à craquer dans une ambiance survoltée ou la chaleur rendait les peaux moites et les corps brillants, ou les mains se croisaient, s'entrelaçaient sans distinction, ou le passage dans une foule intense se fait à la torpeur d'un geste langoureux et délicat, ou l'homme est à sa place d'homme et la femme magnifiée dans son rôle de femme, avec tous les artifices que l'on ne tolère plus en france sous peine d'être taxée de vulgaire.
Elles, elles ne le sont jamais, vulgaires, les femmes dominicaines, elles sont sensuelles, provocantes, elles jouent le jeu de la séduction auquel les hommes s'adonnent avec passion. Elles resplendissent d'un aura que nous avons enfoui ici, qui ne ressort plus comme si nos femmes en France étaient devenues de jolis gravures de mode sur papier glacé... Pas un kilo de trop, pas une paillette en trop, pas un sourire de trop, pas une couleur en trop, pas...
Elles parlent aussi avec force et éclatent d'un rire sonore, elles sourient sans effort, elles vivent...
Pourquoi je vous dis ça et pourquoi j'ai mis cette photo de mes ongles fraichement manucurés sur le sable de la plage, fait par une Dominicaine dont c'est le travail, venir guetter le touriste en mal de bien-être et d'attention que nous sommes?...
Parce que cette couleur et ces petits dessins résument mieux que tous les mots l'intense différence d'état d'esprit de nos deux familles...
Lorsque cette esthéticienne aux couleurs d'ailleurs en est arrivée à me proposer le choix de la couleur de mes ongles, je lui ai posé la question: "Qu'est ce que vous mettez d'habitude?"
La réponse ne s'est pas fait attendre... "Les femmes françaises font ça d'habitude" et elles me sort le kit de french manucure... "Elles veulent discret..."
Toute interpellée à la cause que j'étais, je lui ai donc demandé ce qu'elle se mettrait pour elle, voyant bien que ses ongles longs et peints n'avaient rien à voir avec la French manucure.
C'est là, qu'elle m'a sorti avec un sourire des plus chaleureux qui soit un pot de rouge, de blanc et d'or.
"Si vous me laissez faire, je vous montre le soleil" qu'elle me dit, la dame.
Je n'ai pas fait 8000 km pour me transformer en Française aseptisée! Et moi, j'adore ça la couleur! J'embarque donc sur les codes locaux...
Et j'ai gardé le soleil sur mes ongles jusqu'à mon retour sur la sainte terre.
Et la première chose dont j'ai du me débarrasser à mon retour pour reprendre le travail fût mon soleil sur les ongles... Je les ai porté avec bonheur pendant plus d'une semaine, comme mes 3 kilos de pris sans aucun complexe, mais dès mon retour, il me fallait m'en débarrasser de toute urgence... des deux...
Evidemment, j'ai conscience que la vie n'est pas toujours drôle chez eux, ni pour eux, qu'il est difficile de trouver du travail, que la prostitution et le SIDA font des ravages parmi les filles et les garçons, que gagner sa vie demande un dur labeur, qu'ils n'ont pas les conditions dont nous bénéficions en France, ceci n'est pas une critique éplorée du système, ceci est un instant de faicheur qui nous ramène aux fondamentaux... le plaisir de vivre, et surtout la chaleur... Et je suis intimement convaincu que l'on a pas besoin de 30°C pour être chaleureux...
Et ça, ça change la vie...
L'année prochaine : CUBA!!
08 mars 2008
On peut rire de tout...
Rien que parce que l'expression "avoir passer une journée de merde" prend ici tout son sens, et qu'il est de bon ton de savoir rire de soi pour pouvoir rire des autres, on se dit tout de même que la vie vaut d'être vécue nom d'une pipe!!
La bonne humeur fait très vite son retour...
Dose de fou rire pour la journée
Enjoy!
19 février 2008
Le héros de l'année...
De manière assez incontestable, voici l'Homme qui aura fait vibrer la France entière, voire même bien au-delà de nos frontières...
Sans tomber dans le dramatico-politique qui me refile de l'urticaire, on a tous un avis sur la question...
Le mien est surtout intéressé, je dois dire...
Je me vois avec mes petits n'aggios, que mon banquier (qui détient le titre incontestable de Vampire 1er) suçotte abondamment sur mon petit compte si mignon et si innocent, alors que chacune des banques qui gouvernent nos comptes se distrait en maraboutant nos deniers à tour de bras sur des valeurs que-si-tu-comprends-pas-t-es-con...
Et mes petits n'aggios, moi, je les dois, hein, pas moyen de passer par la case départ, et pas moyen de toucher 20 000€... Et je me voyais assez bien sur ce coup là, arriver devant cet empêcheur de "claquer" en rond, la tête haute, le sein triomphant, l'oeil affuté, posant mes petits doigts boudinés sur son bureau et lui asséner avec la fierté d'Artaban que ses aggios, il pouvait bien se les coller où je pense, si sa banque a les moyens de perdre l'équivalent du budget de l'Etat pour le RMI, elle a bien les moyens de ne pas me ponctionner quelques centaines d'euros supplémentaires entretenu par leurs prélèvements sanguins récurrents!
Quand même, au delà du phénomène de fraude que je ne peux pas louer, cela va de soit, c'est avec un zoli sourire en coin que j'ai accueilli cette "horrible" nouvelle...
Nous avons pu assister à la déconfiture totale d'un PDG à la mord-moi-le-noeud, interloqué par la faille de son système dont évidemment il ne connaissait pas du tout l'existence, (meuh non!), taxant l'incroyable Trader de terroriste, (ben voyons...), et se dédouannant de toute responsabilité, opposant même face à la perte de quelque 5 milliards de dollars la suppression de son salaire pendant 6 mois (Ah! Ah! Ah! Il gagne bien lui aussi?).
Et le Buzz a commencé là, Jérome est devenu l'idole des jeunes, les théories et suppositions sont allées bon train sur Internet, et c'est devenu la folie! D'un côté détracteur, de l'autre, soutien inconditionnel du pauvre bougre...
Moi, en tout cas, j'adore la véritable histoire de Jérome K.
"- Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s'éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J'ai du 80 ans d'âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté.
- Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici.
- Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?
- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri du self.
- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf... Peuf... (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l'heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d'amerloques.
- Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !
[silence]
- Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?
[Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.]
- Non, ne vous inquiétez pas, on n'en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu'aucun d'entre nous ne connait, histoire de dire qu'on n'était pas au courant.
- Oui, monsieur le président, mais qui ?
- Je sais pas moi, je suis pas là pour tout faire, non plus. Y'a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu'on pourrait montrer à la télé en disant "tout est de sa faute" ?
- Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l'envoyer dans le désert...
- Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C'est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jésuites qu'il faut la ramener à chaque comité directeur. La dernière fois, c'était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu'il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.
- Mais, président, on ne les connait pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.
- Bon, OK, je vois, c'est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boite, il est où ?
- Ici, monsieur le président.
- Putain, ces tronches de tarés qu'ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre "éviter d'embaucher des demeurés" ? Bon, on va pas s'en sortir, je clique au hasard... Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?
- Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croira jamais qu'on a perdu 5 milliards à cause de lui.
- Même en magouillant avec la Suisse ?
- C'est plus ce que c'était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n'est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver qu'on raconte des craques.
- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votre avis ?
- Directeur financier d'une sous-filiale de spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C'est la bourse qui craque, pas le marché du purin.
- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon, celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C'est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul, et vous me le mouillez à mort. Jean-Guy, en tant qu'ancien membre du cabinet de l'Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connait, non ?
- Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire de faire croire qu'il nous a truandés. Faites voir le nom ?
- K..., Jérôme K... Encore un de ces petits merdeux qui croient qu'ils dominent le monde parce qu'ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acides, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.
- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n'y croira jamais !
- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus... Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d'actionnaires. Quelqu'un reveut du champ', on va se saouler la gueule pour fêter ça ?"
Jérôme, c'est quand tu veux... J'ai prévenu mon cher et tendre, celui qui détourne 5 milliard de dollars pour mes beaux yeux, je le carlabrunise...



